Dans mon blog pécédent intitulé « Élections 2012 : le 4, le scénario du 15 novembre 1976 risque de se répéter, le parfum du grand soir en moins », j’ai attribué par erreur aux Cowboys fringants le fameux « Libérez-nous des libéraux » du groupe Loco Locass. Mes excuses, je ne le ferai plus. Pierre Godin
Oups ! Mes excuses à Loco Locass
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Élections 2012: le 4, le scénario du 15 novembre 1976 risque de se répéter, le parfum du grand soir en moins
On dit que l’histoire ne se répète pas. Trop vite dit. Pour la raison toute simple que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Pour comprendre la débandade guettant aujourd’hui les libéraux de Jean Charest, il est intéressant de tracer un parallèle avec la défaite dévastatrice de Robert Bourassa aux élections de novembre 1976 qui ont permis à René Lévesque de se hisser au pouvoir. Certains d’entre vous se rappellent : « On n’est pas un petit peuple, mais quelque chose comme un grand peuple… » Une victoire historique qui avait donné aux Québécois leur premier gouvernement souverainiste.
Lévesque faisait face alors à un contexte politique et social pas mal ressemblant à celui auquel Pauline Marois est confrontée. Allons-y voir de plus près. Les leaders d’abord, que le pouvoir trop longtemps possédé débranche parfois de la zone terre.
Comme Charest, Bourassa avait gauchement précipité les élections alors qu’il lui restait un an à faire. S’il hâtait les choses au cours d’une campagne éclair, pariait-il, il prendrait René Lévesque les culottes baissées. Malgré une foultitude de feux rouges, il répétait à ses conseillers sceptiques que le jour du vote, dans la boîte, on voterait pour lui, pas pour les « séparatistes » qui voulaient détruire son beau grand Canada, auquel il ne tenait pas tant que cela en fin de compte.
Une erreur impardonnable qui lui coûta la victoire. Il s’illusionnait comme Jean Charest aujourd’hui qui a pris le risque d’aller au peuple en plein été, au milieu du ras-le-bol des étudiants sur lequel il misait pour faire peur au monde et détourner l’attention des médias de la partie mafieuse de son héritage. Il s’est fourvoyé lui aussi.
Sauf le noyau dur de La Classe et sa politique du pire, les étudiants dans l’ensemble ont été plus fins que lui. Ils ont fait preuve de maturité et d’habilité stratégique en observant une trêve électorale, le privant de son argument principal : la rue ! la rue ! la rue ! comme il le renâclait jusqu’à l’incantation pour intimider la foule et aiguillonner la presse. Une sorte de p’tit frère du slogan démago « PQ égale FLQ » des libéraux de Bourassa, en 1976.
Le 18 octobre de cette année-là, lorsque Bourassa déclenche les élections, il ne le réalise pas lui-même, mais il fait figure de leader usé à la corde après seulement six années à la tête de l’État. S’il perd, Charest pourra toujours se consoler en se disant qu’il aura « toffé » quatre années de plus que lui !
Le Bourassa de 1976 n’est plus que l’ombre du jeune leader fringant et ferré en économie des élections du 29 avril 1970 à l’issue desquelles, il a laminé les péquistes de Lévesque qui n’ont fait élire que sept députés. À peine six ans plus tard, Bourassa n’arrive plus à formuler d’idées nouvelles, se contentant d’une guerre de symboles et de slogans creux comme la « souveraineté culturelle ». Il s’aveugle sur ses chances de gagner. Les 100 000 emplois, la baie James, les Jeux olympiques, l’exportation de l’électricité aux États-Unis, c’était hier.
Mis à part son Plan Nord, auquel Charest s’accroche comme à une bouée de sauvetage, qu’est-ce que le chef libéral a donc de nouveau à nous offrir aujourd’hui ? Qu’on soit pour ou contre, les idées nouvelles viennent du PQ et de la CAQ.
Le parallèle ne s’arrête pas là. Car si les leaders influencent le vote, pour le meilleur ou le pire, leur comportement n’explique pas à lui seul la victoire ou la défaite. En 1976, le gouvernement libéral prête flanc à des accusations de corruption, comme celui de Charest aujourd’hui. Bourassa, le jeune leader aux mains propres d’avril 1970 a fait donner des contrats de plus d’un million de dollars à la société Paragon, propriété de sa femme et de son beau-frère qu’il a nommé ministre, au moment même où la commission d’enquête sur le crime organisé, la CECO, levait de beaux lapins : liaisons dangereuses entre des chefs mafieux et des membres de son gouvernement. Comme celles du ministre Pierre Laporte, exécuté par le FLQ lors de la crise d’octobre, surpris précédemment par les policiers en compagnie de chefs de la pègre. Sans parler des scandales à Loto-Québec et à la Société des Alcools où sévissaient l’ingérence politique, les pots-de-vin et des « actes carrément illégaux », selon la CECO.
Bref, comme aujourd’hui pour le gouvernement Charest, celui de Bourassa donnait l’impression d’un régime ancré dans les pratiques irrégulières, la corruption, le favoritisme, le népotisme et les alliances cyniques avec des éléments louches. Comme le grand caïd de la viande avariée, William O’Bront, qui avoua avoir fourni des sommes rondelettes à la caisse libérale. Tempête de corruption et de tripotage des fonds publics qui faisait dire à René Lévesque : « Dans ce climat de fou, tout peut arriver, même l’élection du PQ ! »
Autre parallèle saisissant : le climat social aussi perturbé sous Bourassa que Charest. Le « carré rouge » du premier, ce n’était pas les étudiants, mais l’agitation sociale des trois grandes centrales syndicales de l’époque ponctuée d’une violence telle que Bourassa avait dû se résigner à faire coffrer ses chefs, messieurs Laberge, Pepin et Charbonneau.
Enfin, toujours en novembre 1976, il y avait sur les rangs un troisième homme, Rodrigue Biron, le François Legault de l’époque. Ressuscité par Biron pour ramasser le vote des Anglos ulcérés par la loi 22 du gouvernement Bourassa — qui instituait des tests linguistiques pour les immigrés voulant aller à l’école anglaise —, l’ancien parti de Maurice Duplessis avait récolté pas moins de 18 pour cent du vote et fait élire 11 députés. Un empêcheur de tourner en rond qui avait permis au PQ de devancer les libéraux, privés d’une partie du vote anglo, et l’Union nationale, la CAQ d’alors.
La loi 22, voilà une autre question qu’on peut rapprocher de l’élection actuelle. Cette loi contestée par les anglophones constituait un début de solution au problème capital de l’anglicisation des immigrés que la loi 101, votée plus tard par Lévesque, réglera en les envoyant tous à l’école française. Charest n’a pas osé aller contre la loi. Mais ce n’est pas l’envie qui lui manquait. De peur de susciter un tsunami chez les francos, il a plutôt adopté une politique de laisser-faire qui a suscité une montée progressive de l’anglais à Montréal, notamment. Puis, répondant aux attentes de son électorat ethnique, il a louvoyé pour contourner la loi 101, faisant voter des politiques invraisemblables, comme les écoles passerelles destinées aux immigrants riches rejetant l’école française. Et aussi, il a fait dispenser des cours d’anglais, plutôt que de français, aux immigrés pour qu’ils puissent soi-disant se trouver une bonne job à Montréal. Cette ville française où, sous le règne de Jean Charest, il fallait parler anglais pour travailler…
Enfin, comme Robert Bourassa avant lui, Charest a été mou du genou et a plié plus souvent qu’à son tour devant l’imperium fédéral dans une série de dossiers chauds : environnement, pollution, aérospatiale ( F-35, fermeture d’Avéos ), contrats navals et militaires accordés aux autres provinces, financement fédéral des réseaux hydro-électriques des provinces maritimes, diminution du poids politique du Québec à Ottawa, français en déroute au fédéral, juges unilingues anglophones à la Cour suprême, loi C-32 sur les droits d’auteur contraire aux intérêts de nos écrivains et artistes, etc. La liste est longue.
Sans doute Charest a-t-il baissé les bras pour ne pas faire de « chicane » avec Harper? Comme Bourassa qui n’en voulait pas lui non plus avec Trudeau et Chrétien. Obnubilé par des gains financiers à court terme, il s’est effondré devant Ottawa qu’il a laissé se doter de ministères et de commissions de contrôle dans les affaires urbaines, la science, les communications, la technologie et les richesses naturelles, domaines relevant pourtant de la compétence provinciale.
François Legault a lui aussi horreur de la « chicane ». Tellement qu’il ne cesse de le répéter depuis le début de sa campagne. C’est sa façon de nous dire à l’avance qu’il laisserait Harper en faire à sa guise si les Québécois étaient assez fadas pour le porter au pouvoir.
Pour paraphraser les Comboys fringants, libérez-nous des libéraux ! Et tant qu’à faire, des caquistes aussi ! Pierre Godin
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Élections 2012 : le 4 au soir, si la Pauline est élue, ça va rire jaune dans les salles de rédaction de la nation
Élections 2012 : le 4 au soir, si la Pauline est élue, ça va rire jaune dans les salles de rédaction de la nation
Disons-le tout de go, si Pauline Marois est élue, le soir du 4, mettant en déroute la presse sexiste et fédéraliste qui a programmé son assassinat politique durant la campagne, ça va rire jaune dans les salles de rédaction de la nation. Je croyais avoir vidé cette question d’une campagne anti-Marois orchestrée par une presse sexiste à la botte des libéraux et des caquistes dans mon blogue précédent. Eh bien, non ! Depuis, deux cas de matraquage journalistique au détriment de Marois m’ont frappé.
Reportons-nous à Radio-Canada, samedi soir dernier, le 25. La lectrice de nouvelles Pascale Nadeau croit lancer une bombe. Elle affirme en manchette sans aucune nuance : « Coup dur pour la campagne péquiste ! » Je suis là, haletant, à me demander ce que la pestiférée Marois a encore fait pour justifier un jugement aussi catégorique.
Le « coup dur », qui va sûrement déboîter la campagne du PQ, c’est quoi au juste ? L’amer et frustré Jacques Parizeau qui, à chaque campagne électorale aime rappeler au bon peuple qu’il n’a pas encore rendu l’âme, fait annoncer par sa femme, la non moins amère et frustrée Lisette Lapointe, qu’il appuie le factieux d’Option nationale, Jean-Martin Aussant. Grosse nouvelle, hein ? Tout un « coup dur » pour la Pauline ! Vu que le parti d’Aussant fait 2% dans les sondages et que ce n’est pas le vote de Parizeau qui changera la donne ! Ce qui n’allait pas empêcher Anne-Marie Dussault, de RDI, de ramener l’incident à la surface trois jours plus tard, à son émission du lundi, 27 septembre, même si l’affaire sentait déjà le moisi.
Mais pour revenir au « coup dur » de Pascale Nadeau, la grosse nouvelle, ce soir-là, c’est le sondage de Léger Marketing, publié dans Le Journal de Montréal, qui confirme que Pauline Marois a de très fortes chances d’être élue. Qu’elle n’a pas perdu une seule plume durant la « dure dure » semaine qu’elle vient de traverser, malgré les cris d’orfraie de nos lumineux commentateurs qui la voyaient déjà complètement déplumée, prête pour l’abattoir.
Or Pascale Nadeau ne dit pas un traître mot du sondage, parce qu’il vient de la concurrence… Comme l’a écrit un spécialiste des communications de l’Université d’Ottawa, les journalistes actuels sont devenus des mercenaires qui ne vendent plus que leur camelotte, pas celle des autres. Oubliant l’article premier de leur métier qui est de fournir au public toute l’information disponible et importante, même celle qui leur déplaît ou ne vient pas de leur cuisine. Cette régression journalistique fait tache d’huile, autorisant des manquements à l’éthique journalistique. Comme cette manchette de La Presse du lundi, le 27 août : « Québec penche pour la CAQ ». Un titre tendancieux fait pour tromper intentionnellement le lecteur qui, sans trop prêter attention, croit qu’il s’agit de la province alors qu’il ne s’agit que de la ville de Québec, terre adéquiste par excellence convertie au caquisme. Le titre aurait dû se lire comme suit : « La Ville de Québec penche pour la CAQ ».
Mais revenons à Radio-Canada. Le lendemain du « coup dur », toujours à la même antenne, Pascale Nadeau affirme d’entrée de jeu : « Journée difficile pour Pauline Marois… » Le matraquage continue… Certes, quand on est front runner, il faut s’attendre à se faire tabasser, mais quand même… Qu’est-ce que la maladroite a encore fait, que je me suis dit, pour se mériter une fois de plus un jugement aussi négatif et subjectif ? Bien sûr, j’étais à Radio-Canada. Fallait pas m’attendre à ce que la lectrice sussure : « Journée fabuleuse pour Pauline Marois… »
Je ne perdais rien pour attendre. Martine Biron, superstar du reportage orienté, pas besoin de vous dire dans quel sens ( on était à Radio-Canada ) est venue nous expliquer tant bien que mal dans son style ampoulé de maîtresse d’école d’autrefois que « M’am Marois » s’était mêlée dans ses pinceaux et avait suggéré aux souverainistes conservateurs de voter pour les libéraux. Il n’en était rien. En réalité, comme la chef du PQ l’a expliqué, elle avait mal compris la question « plantée » par un journaliste pour la prendre en défaut. Elle croyait que le mec parlait des conservateurs fédéraux. Une niaiserie en somme, le genre d’incident mineur qui se multiplie dans une campagne, mais montée en épingle par nos rapporteurs et commentateurs, quand c’est la Pauline qui en est la vedette.
Depuis le début de la campagne, comme une meute de chiens enragés traquant leur proie, nos journaleux guettent ses faux pas, privilégiant en général le superficiel et l’anecdotique plutôt que ses idées et son programme dont ils oublient de parler ou qu’ils mentionnent du bout des lèvres, en fin de reportage. Comme par exemple sa volonté de doter Télé-Québec d’un service d’information pour faire ( enfin ) contrepoids à la propagande fédéraliste de Radio-Canada. Ça aurait dû les intéresser, vu qu’il s’agit d’information. Eh, bien, non !
Pour finir la soirée en beauté, le même soir de la « journée difficile », RDI nous a servi le mémérage de deux BDT ( commentateurs Bons dans toute, comme j’aime dire… ) : Chantale Hébert, du Devoir, viscéralement anti-péquiste depuis toujours, et Alex Castonguay, le p’tit nouveau de l’Actualité. Sans surprise, tous les deux ont descendu en flammes la pauvre Pauline qui avait tout raté dans sa campagne et dans sa vie, probablement.
S’il arrive à nos journalistes de parler par accident de ses idées ou de son programme, parce qu’un matin, ils se sont levés du bon pied, c’est pour les retourner contre elle. Comme cette histoire de référendum d’initiative populaire inclus depuis belle lurette dans le programme du PQ. Le RIP, comme dit par dérision la presse, existe pourtant en Colombie-Britannique, en Californie, dans certains pays européens qui ne sont pas encore morts de leur belle mort, soit dit en passant ! Mais nos journaleux n’avaient pas trop l’air de le savoir que ça existait ailleurs, le RIP. Ils semblaient découvrir la chose. Sans doute avaient-ils oublié de lire le programme du PQ ?
En tout cas, ils en ont fait tout un chiard, accordant moins d’importance aux éléments d’information fournis par Marois qu’aux propos démagogiques des Charest et Legault. Ce serait sûrement le chaos, qu’ils couinaient ces deux-là, si jamais la Marois donnait la parole au peuple dans un référendum ! Ce qu’ils ne se risqueraient jamais de faire, eux, vu qu’ils se méfient du peuple et préféreront toujours lui imposer d’en haut leur crois ou meurs.
Dans sa tombe, René Lévesque devait rigoler. Lui qui, en son temps, a eu à vivre avec la même « apocalypse référendaire » annoncée par les Trudeau, Chrétien et Bourassa. Son référendum, il l’a tenu en mai 1980 sans violence ni tohu-bohu. Sans doute, me direz-vous, mais s’il l’avait gagné au lieu de le perdre, que serait-il arrivé ? Peut-être aurions-nous assisté en effet à un chaos, mais il aurait été créé de toutes pièces par les Trudeau et Chrétien. Pour ne pas perdre la face et peu importe les dégâts qu’ils auraient causés à leur province et à son peuple. Des infos n’ont-elles pas laissé entendre, en effet, qu’au référendum très serré de 1995, si le Oui l’avait emporté, Chrétien jonglait avec l’idée de faire intervenir l’armée au Québec, comme Trudeau lors de la crise d’octobre ?
Mon dieu que j’ai hâte au soir du 4 pour écouter le babillage tarabiscoté que nous serviront nos BDT de la presse pour expliquer leur déconvenue. Si les sondages ne mentent pas, naturellement, et si la Pauline se retrouve PM, une première dans l’histoire du Québec. En cas contraire, c’est moi qui babillerai… Pierre Godin
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Élections 2012: Des journalistes sexistes anti-Marois ont trouvé en Legault leur Uncle Jack…
Élections 2012 : Des journalistes sexistes anti-Marois ont trouvé en Legault leur Uncle Jack…
Moi qui croyais que les journalistes et politiciens français étaient les champions du sexisme en politique ! Eh bien, je revise mon jugement après avoir assisté, depuis le début de la campagne électorale, au déferlement de jugements biaisés et franchement machos par moment à l’endroit de Pauline Marois, tant à TVA qu’à Radio-Canada. Tant à La Presse qu’au Journal de Montréal et qu’au Devoir. Pour ne nommer que ces médias.
Ma coupe a débordé après le débat Marois/Legault à TVA. Quand les trois petits génies assignés au commentaire électoral à la station à PKP ( je n’emploie pas le mot « analyse » car ce serait trop leur demander ), les Jean Lapierre, Richard Martineau et Mario Dumont, se sont mis d’une même claque à taper sur Marois, qui avait perdu évidemment le débat, et à encenser et flatter Legault, leur darling, qui l’avait gagné, évidemment. Il me semble, et c’est le gros bon sens, que la Pauline ne peut pas être toujours mauvaise, avoir toujours tort, et enfiler des âneries chaque fois qu’elle ouvre la bouche pour répondre à une question tordue soufflée aux journalistes par les libéraux et les caquistes.
Visiblement, et je ne suis pas le seul à le dire, je n’ai pas vu le même débat qu’eux à TVA. Le débat que j’ai écouté n’était pas non plus celui des Michel David, anti-Marois depuis des lustres tout comme André Pratte, ni celui des Vincent Marissal et Sébastien Beauvais, ni de tous nos autres jacasseux qui unanimement, dans un même cri du coeur caquiste, ont boosté l’antipathique et mal élevé Legault qui a radoté ses sempiternelles simplifications et passé son temps à couper la parole et à ne pas laisser parler Marois, ressassant ses promesses démagos et répétant ad nauseam qu’il allait faire « le ménage ». Bon dieu, qu’on lui achète un balai à celui-là, et qu’on en finisse !
Pourtant, elle a été aussi performante que Legault, ce soir-là. Est-ce l’influence de notre sport national sur la pensée profonde de nos BDT ( Bons dans Toute ) de notre presse ? C’était frappant de constater que leur seul intérêt durant les quatre débats, c’était de savoir qui avait gagné, qui avait perdu. Comme au hockey. « Go, Habs, go ! Go, Legault, go…»
Au lieu de se concentrer sur le fond des choses, nos très lucides journalistes ont cherché, dès les premiers coups de feu de la campagne, une « attraction », un charlot, un darling, pour ne pas trop s’ennuyer, vu que les débats d’idées, ce n’est pas leur tasse de thé, et vu aussi que Marois, c’est connu, n’est pas une bonne débatteuse et ne parle que de souveraineté. Pour tout dire, nos BDT ont trouvé en Legault leur « Uncle Jack ». Mais quel contraste entre la personnalité bonhomme et chaude de Jack Layton, son honnêteté intellectuelle et sa rigueur, et la personnalité sulfureuse, méandreuse et populiste du matamore Legault.
Son attitude et sa gestuelle durant ses débats avec Charest et Marois m’indiquaient que nous avions là devant nous une personnalité autoritaire qui n’écoutait pas les autres et dont il faut craindre l’élection. Sa solution pour mater la révolte de nos étudiants ? Les faire rentrer avec la police. On n’est pas loin de l’État policier, là ! Comme disent les pessimistes, la foule ne sait pas où aller, il faut le lui dire. Et c’est celui qui crie le plus fort qui risque de l’influencer, peu importe le caractère trompeur et bravache de son discours. Là-dessus au moins, je le reconnais, le chef caquiste est un as.
Mais entre nous, vous voyez ça, Legault PM flanqué de son policier archipur ( attendons de voir les trouvailles de la commission Charbonneau… ) et de son « tueur » de médecins, l’immense toubib qui veut instaurer un régime de santé minceur pour tous les Québécois en introduisant l’esclavage chez les médecins de famille, déjà superoccupés, assénant aux journalistes gagas suspendus à ses basques, sans une once d’esprit critique, son slogan simpliste d’un médecin de famille par Québécois avant un an. Oh, my God ! Je ne voudrais pas être le millième patient qui attend désespérément son tour sur la liste allongée de nos médecins de famille !
Comme on dit : l’enfer est pavé de bonnes intentions. Mais dans le cas de notre bon docteur, son enfer est plutôt pavé de mauvaises intentions, vu qu’avant de faire de la politique, il a passé son temps à diffamer et à matraquer les médecins de famille ravalés à des paresseux. Dommage que ceux-ci ne trouvent pas le courage aujourd’hui de lui donner la réplique.
On peut donc s’attendre à un règlement de comptes de ce côté-là et au chaos social si jamais, pour le malheur du Québec, de ses libertés, de ses médecins, de ses serviteurs de l’État, de ses syndiqués, de ses employés municipaux, de ses enseignants et de… ses étudiants, le transfuge Legault avec son immense médecin simplificateur et son incorruptible policier, qui veut nommer les ministres à sa place, parvenaient à se glisser au pouvoir grâce au sexisme et à la complicité béate de nos plumitifs de l’écrit et de la télé.
Comment ne pas voir que nos médias travaillent à faire le lit de Legault comme ils ont fait celui de Layton et Mulcair aux élections fédérales ? Car dès qu’il est devenu évident, à cause des sondages favorables à Marois, que Jean Charest n’était plus qu’un canard boiteux, la consigne soufflée à nos journalistes très dociles s’est imposée de soi. Il fallait booster la CAQ qui, grosso modo, défendait la même ligne que les libéraux mais en plus virulent et en plus démagogique, et cogner sur « Mame Marois » dont le parti est totalement au service des intérêts et des besoins des Québécois, et non pas à la remorque des groupes financiers et d’affaires liés à la propriété de nos médias qui financent libéraux et caquistes. Et dont, rappelons-le, François Legault est issu.
N’oublions pas non plus qu’avant de décider un matin en prenant son café que la nation ne pourrait pas s’en tirer sans lui, l’antisyndical Legault faisait voler ses avions d’Air Transat avec l’argent du Fonds de Solidarité de la FTQ. C’est un indice de plus de l’aptitude de l’homme à renier ses amis d’hier. Ceux du monde syndical qu’il discrédite et intimide aujourd’hui et ceux du Parti québécois qu’il aurait tant aimé diriger. Mais n’y arrivant pas — heureusement pour les souverainistes — il s’est donné son parti avec les dépouilles de l’ADQ de Mario Dumont, promu aujourd’hui commentateur politique à TVA.
Pierre Godin
Publié dans Politique
Les étudiants face à un premier ministre traqué, détesté, toxique, autoritaire
A beau mentir qui vient de loin. Lui, il ne vient pas de si loin. De Sherbrooke où il aurait dû rester, car il avait la stature idéale pour en devenir le maire. Ou mieux, il aurait dû demeurer à Ottawa malgré son fiasco comme chef substitut du Parti conservateur fédéral. Car son grand rêve, c’était de devenir premier ministre du Canada. Être celui du Québec n’est qu’un pis-aller pour lui, un prix de consolation. Et ça paraît.
La manière désinvolte, arrogante, irrespectueuse, autoritaire et partisane, faite de demi-vérités, de maquillonnages, de compromissions, de favoritisme et de corruption, avec laquelle il nous impose sa présence à Québec depuis trop d’années en est l’illustration parfaite. Servant avant tout les intérêts de ceux qui l’élisent, les anglophones et les ploutocrates francophones mentalement anglifiés qui le financent, lui et son parti, encaissant revenus, primes et bonus scandaleux à la limite de la légalité, mais sûrement immoraux.
Ceux-là mêmes qui lui ont promis secrètement un supplément salarial pour lui assurer un standing décent, sa rémunération de chef d’État de province ne suffisant pas à satisfaire ses impérieux besoins. En plus de lui dénicher une luxueuse résidence, à Westmount, seule ville du Québec à violer impunément la signalisation routière française. Et ce n’est pas lui, ni sa ministre responsable de la langue, Christine Saint-Pierre, qui en feraient un drame.
Une fois son bien-être matériel assuré, il a fini par oublier son grand rêve de sauveur de l’unité canadienne avec un Québec ligoté dedans. Il faut dire qu’il n’a pas eu le choix. Ses bâilleurs de fonds fédéralistes lui en ont trouvé un autre, plus modeste, mais plus urgent, en lui mettant le couteau sur la gorge : si jamais, il nourrissait quelque velléité de refaire carrière au fédéral, il devait d’abord arracher le Québec aux griffes des « séparatistes ».
Pour la presse anglo, du Calgary Herald jusqu’à l’Ottawa Sun, c’était un « devoir patriotique » pour lui d’aller à Québec. Le mot « patriotique » s’entendant naturellement au sens canadian du terme, non québécois. Encore que pour les fayots de notre presse, comme celle du grand seigneur de Sagard, c’était faire œuvre de patriotisme québécois que d’écraser ceux et celles qui travaillent à rendre leur nation souveraine.
Notre petit grand leader répondit donc : « Scout toujours, prêt ! », comme ces ados de Sherbrooke d’autrefois enrégimentés dans la troupe de Baden-Powell. Que la province, qu’il gouverne à la godiche depuis qu’il est là, n’ait jamais signé la constitution de 1982 imposée au Québec par Pierre Trudeau avec l’accord des provinces anglaises, il s’en tape. Qu’elle vivote dans les limbes d’un pays qui la tolère à peine, il s’en tape encore. Qu’elle ne fasse plus partie, constitutionnellement parlant, du pays mythique qu’il idéalise, il s’en fout tout autant. Il est imperméable à l’humiliation nationale depuis qu’il a accepté, très jeune, son statut de porteur de valises de la Confédération canadienne.
Rien ne l’ennuie autant que de devoir se battre pour l’avenir de cette province française qu’il anglicise sous la pression de son électorat anglophone depuis qu’il la gouverne. Cet homme n’aime pas vraiment le Québec français ni les Québécois francophones envers lesquels il n’éprouve pas tellement d’empathie. Il voudrait tellement être ailleurs. À Ottawa où, comme Trudeau et Chrétien avant lui, il aimerait tant faire la politique du Canada anglais, même en sacrifiant les intérêts de sa province.
Aussi ne répugne-t-il pas à pratiquer la politique du pire à nos dépens, celle de la matraque policière et du viol des libertés démocratiques, comme Trudeau et sa loi des mesures de guerre avant lui. Comme Chrétien qui mijotait, paraît-il, d’écraser militairement l’indépendance si le oui l’avait emporté au référendum de 1995. Mais, rare moment de bon sens chez lui, plutôt que la manière forte, Chrétien s’en est remis aux fraudeurs d’élection et à la cupidité naturelle de ses alliés pour faire gagner le non, par la peau des dents.
La politique du pire, c’est celle que notre premier ministre a choisie lui aussi, plutôt que le dialogue et le compromis, refusant même, en véritable autocrate gagné par la tentation autoritaire, de serrer la main de ses juges du moment, les étudiants qui maudissent son nom avec raison.
Tout ceci pour dire que, quand on n’aime pas être celui qu’on est, quand on n’aime pas faire ce que l’on fait, quand on se voit plus grand que la réalité, quand on aurait aimé faire autre chose de sa vie, on en vient à se ficher de tout, sauf de l’enrichissement des amis du parti et des généreux commanditaires du privé. On devient un médiocre chef d’État capable des pires vilenies, comme massacrer les droits fondamentaux, avec le mot démocratie à la bouche, tel un despote oriental.
Bref, quand on s’appelle Jean Charest, on prend à la légère des choses capitales, comme l’éthique politique. On est mou du genou avec les profiteurs et les prédateurs financiers, à commencer par les firmes de génie-conseil, les gros entrepreneurs liés à la mafia et les minières étrangères qui bradent nos richesses naturelles. Mais on est sans pitié avec les petits qui ont des rêves et des principes, et c’est le cas des étudiants québécois qui ne sont à ses yeux que de minables petits rigolards séparatistes qui se promènent tout nu dans les rues avec leurs carrés rouges en menaçant de faire tomber son gouvernement aux pieds d’argile.
« Son gouvernement », plutôt cette sorte d’épave libérale corrompue qui n’a plus à Québec qu’un seul allié : l’ADQ-Bis du démago François Legault à qui on a vu pousser, à la faveur de la crise étudiante, le groin d’un politicien autoritaire partisan d’un État policier qui frappe, mais ne discute pas. Dieu que Duplessis doit jouir dans sa tombe, lui qui envoyait sa police matraquer les grévistes à chaque conflit ouvrier plutôt que de négocier avec eux ! Ça vous rappelle quelqu’un…?
Pierre Godin
Publié dans Littérature, Politique
Une idée folle de la «maternelle» péquiste: s’accoupler aux doctrinaires de Québec Solidaire
Quand on ne sait plus où aller, on va n’importe où. Et on se plante, parfois. Comme avec cette idée saugrenue d’associer le PQ à Québec Solidaire, parti à deux têtes aussi doctrinaires l’une que l’autre. Pour souhaiter un pareil maillage, il ne faut pas connaître la mentalité profonde des apparatchiks de ce parti ancré dans l’idéologie de la politique du pire typique de la gauche radicale québécoise.
À Québec Solidaire, la politique du pire consiste, entre autres, à taper plus fort sur l’alllié objectif, le PQ, que sur l’adversaire réel, les libéraux. Analysez les propos de ses ténors depuis sa formation, vous verrez qu’ils pourfendent tout autant sinon plus les péquistes que les libéraux. Voilà pourquoi chez les habitués de l’auberge Jean Charest, on les adore, ces gentils minets solitaires…
Le genre de monde à vous faire de grands sourires tout en vous jouant dans le dos. Se désolidariser à la première occasion, c’est une disposition naturelle chez eux. Y’a rien à faire, c’est dans leur arbre de vie… On l’a vu à la partielle de Bonaventure. Québec Solidaire a préféré diviser le vote souverainiste en présentant son propre cheval plutôt qu’une candidature unique du parti «frère» péquiste dont il était question, faisant ainsi le jeu des libéraux. Ce parti ne semble d’ailleurs exister que pour cela.
Le cas de la deuxième tête de QS, Françoise David, qui n’arrive pas à se faire élire, est encore plus exemplaire. Voulant à tout prix siéger à Québec (pauvre Amir Khadir !), elle a jeté son dévolu sur un comté sûr, celui de Gouin. Le hic, c’est que ce comté est un fief péquiste représenté à l’Assemblée nationale par une valeur sûre de la politique québécoise, Nicolas Girard.
Le PQ, je vous le rappelle, c’est le parti avec lequel celui de la Madame de QS ( pour reprendre l’expression sexiste de Marc Laviolette à propos de Pauline Marois ou celle de Jean Charest au sujet de l’ex-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau ), envisage de faire alliance. Pourtant, alors même que la discussion d’un «pacte tactique » avec les péquistes est en cours, Françoise David le renie. Pouvez-vous comprendre ce double jeu qui, on peut le parier, lui assurera la défaite devant Nicolas Girard ? Moi, non. Sinon que malgré son nom, Québec Solidaire ne serait sûrement pas un partenaire solidaire, fiable et loyal. S’associer avec ces gens, c’est se tirer dans le pied. Rien à y gagner pour le PQ.
Pauline Marois a eu raison ( pour une fois, diront ses détracteurs ) de résister à un tel accouplement voulu par ceux qui, au PQ, essayaient de la peinturer dans le coin, tout en barrant du même coup la route à Gilles Duceppe. Pourquoi pas Amir Kadhir chef du PQ ? rêvaient certains. Ou quelqu’un d’autre. Mais ni Marois ni Duceppe. Après tout, le pouvoir, c’est secondaire. Et les would be chefs du PQ « qui veulent faire de la politique autrement », pensée sublime, se bousculent au portillon.
Kadhir à la tête du PQ ? Ça ferait plutôt bizarre, non ? Ne serait-il pas plus indiqué d’envisager une alliance NPD/QS ? Car aux dernières élections fédérales, le Monsieur a affiché ses convictions fédéralistes en votant pour le NPD, parti centralisateur et étranger au Québec historique s’il en est, plutôt que pour le Bloc. À n’en pas douter, le tout de même fort sympathique Kadhir a la fibre souverainiste plutôt opportuniste !
Mais d’avoir voté pour le NPD quand on se dit souverainiste, est-ce si grave que ça ? Tout n’est-il pas excusable dans le contexte politique actuel où voter de n’importe quel bord et pour n’importe qui semble devenir une habitude chez les Québécois ? Un peuple désemparé à la recherche de lui-même et d’un ailleurs politique qui ne serait ni libéral, ni conservateur, ni adéquiste, ni bloquiste et ni péquiste, peut-être ? Si l’avenir c’est d’être caquiste à Québec et npdiste à Ottawa, moi je préfère cultiver mon potager…
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Référendum sur l’indépendance de l’Écosse : Londres appelle Stéphane Dion…
Est-ce dieu possible, Stéphane Dion, champion canadien de la loi fédérale sur la soi-disant clarté référendaire, visant à tuer dans l’œuf l’indépendance du Québec, fait des émules jusqu’à Londres ? Paraît-il que même la Reine a fait de sa concoction à relent antidémocratique son livre de chevet. Comme le premier ministre britannique David Cameron, elle veut y puiser des arguments à opposer aux Écossais qui envisagent de tenir, en 2014, un référendum pour se libérer enfin de la tutelle britannique qui les étrangle économiquement et culturellement depuis plus de 300 ans.
Pastichant le cri du cœur antilibertaire de Stéphane Dion, la revue britannique The Economist vient de demander aux Écossais : « Clarity please ! » Porte-parole des milieux de la finance et des affaires de la City, The Economist déteste comme eux toutes ces idées ringardes de séparation, de morcellement et d’effritement des nations qui nuisent tant aux affaires. On est plus fort unis que divisés, clame la revue à la suite de David Cameron. Tout dépend, naturellement, à qui l’union profite le plus…
Peu ouvert aux aspirations à la souveraineté des peuples enchaînés à des majorités étrangères et arrogantes par les aléas de l’Histoire, le magazine porte aux nues l’exemple du Canada qui, à l’abri du carcan législatif imaginé par Stéphane Dion, attend de pied ferme toute tentative future des Québécois de se donner un pays.
La question posée aux Écossais devra donc être claire et nette, exige The Economist. Êtes-vous pour ou contre la séparation de l’Écosse ? Point barre. Pas de niaisage, pas de gossage, pas de texte entortillé comme celui auquel les Québécois ont eu à répondre aux référendums de 1980 et 1995.
Mais c’est une question piège pour les indépendantistes écossais ou québécois. Car ici comme en Écosse, une bonne partie de la population, tout en souhaitant l’indépendance de sa patrie, hésite à franchir le Rubicon à cause de ses effets secondaires, comme dirait l’autre. Et il est si facile quand on dispose du pouvoir ultime, de l’argent et de la sympathie des médias, de les multiplier, ces apocalypses, et d’en inventer, s’il le faut!
Au référendum de 1995, la corruption politique généralisée (le scandale des commandites, vous vous rappelez ?) a permis aux libéraux fédéraux de priver les souverainistes de la victoire par une mince marge. Corruption que The Economist se garde d’évoquer, bien entendu, et contre laquelle Stéphane Dion n’est pas monté aux barricades, lui, le petit soldat de la rigueur et de l’éthique politiques.
Pour bloquer l’émancipation des nations minoritaires assoiffées de liberté, les majorités oppressives disposent d’une autre arme que la malversation, suprême celle-là : la coercition législative telle que la conçoivent ici les libéraux fédéraux, c’est-à-dire manipulatrice et amorale. Mais on peut toujours soulager sa conscience en se disant qu’après tout, the law is an ass, un âne bâté qui excuse tout.
Durant les deux années qui viennent, la voie de Stéphane Dion est toute tracée. Londres, sa mère patrie par l’idéologie sinon la langue, a besoin de son savoir-faire pour l’aider à bricoler une loi border line, démocratiquement parlant, qui empêchera le premier ministre écossais, Alex Salmond, de réussir là où Jacques Parizeau a échoué, en 1995.
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L’égalité ou l’indépendance à la sauce François Legault
Beaucoup de bruits pour rien dans les médias à la suite des déclarations à teneur souverainiste de François Rebello. Comme si la dernière recrue de la CAQ avait profané l’évangile caquiste perçue jusque-là comme résolument fédéraliste et droitiste. Penser cela, c’est ne pas comprendre la stratégie de l’autre François qui est pourtant claire comme de l’eau de roche.
En digne vire-capot qui ne veut plus faire l’indépendance parce que trop difficile et trop long, l’ex-péquiste devenu caquiste a caqueté une formule bipolaire qui lui paraît gagnante et nouvelle, alors qu’elle n’est que le dernier avatar politique de la célèbre formule cul-de-sac de l’ancien premier ministre Daniel Johnson père : égalité ou indépendance.
Certes, l’emballage diffère et le vocabulaire aussi. Mais la stratégie est la même. Comme l’ancien chef de l’Union nationale, il y a plus de 40 ans, Legault veut fédérer l’impossible. C’est-à-dire harmoniser les visions radicalement différentes des fédéralistes et des souverainistes. Voilà pourquoi tant l’adéquiste Deltell, qui a la reine du Canada tatouée sur son sein droit, que le péquiste Rebello qui a, lui, le Québec pays tatoué sur son sein gauche, pourront tous les deux prêcher pour leur paroisse sans que le chef ne déchire sa chemise, ni ne les rappelle à l’ordre. Du moins, tant que la cacophonie restera gérable. Ce qui ne devrait pas représenter de problème majeur pour l’ancien businessman Legault habitué à la gestion du risque !
Tout le génie (si l’on peut dire) de la formule du chef caquiste ne consiste pas à diviser pour régner, mais plutôt à unir pour régner. Un défi qui peut devenir un joli risque s’il ne fait pas montre d’une habileté politique comparable à celle de Daniel Johnson. Autrement dit, s’il n‘arrive pas, comme lui, à souffler à la fois le chaud et le froid sans perdre sa tuque puis ses mitaines.
En 1966, Danny Boy, comme la presse de l’époque avait baptisé Johnson, avait réussi le tour de force de s’emparer du pouvoir en traînant derrière lui une troupe hétéroclite de petits soldats aussi bien fédéralistes qu’indépendantistes, droitistes que gauchistes, conservateurs que sociaux-démocrates.
Mais l’harmonisation de points de vue aussi incompatibles ne fut pas pérenne. La chicane dans la cabane démembra vite le parti de l’égalité ou de l’indépendance après la mort inattendue de son chef, qui avait d’ailleurs commencé à rétropédaler avant même de passer l’arme gauche, et surtout après le retour au crois ou meurs fédéraliste imposé par son successeur, Jean-Jacques Bertrand. Une erreur fatale qui signa l’arrêt de mort de l’Union nationale et le décollage du Parti québécois de René Lévesque qui rafla le vote nationaliste rejeté par Bertrand.
En politique, les mêmes causes ont l’habitude de produire les mêmes effets. Aussi la tactique de l’entre-deux chaises du chef caquiste est vouée à l’échec. Cependant, comme François Legault est plus jeune que l’était jadis Johnson, ce ne sera pas sa mort qui mettra le feu aux poudres. À moins que la fatalité inflige … aux caquistes un sort identique à celui qui a ravagé la bande de gamins néo-démocrates privés trop tôt d’un chef charismatique qui n’avait pas eu le temps de leur apprendre les bonnes manières.
Non, ce sera plutôt l’inaptitude naturelle des tatoués du fédéralisme royal canadian à fraterniser longtemps avec les tatoués de la république québécoise qui fera éclater la coalition de l’avenir d’un Québec déjà bien en voie de se fissurer lui-même avec ou sans l’aide des caquistes. Pierre Godin.
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Leadershipp NPD/Bloc : «Uncle Jack» parti, le Bloc peut ressusciter
Leadership NPD/Bloc : « Uncle Jack » parti, le Bloc peut ressusciter
C’est drôle comme les candidats à la succession de Gilles Duceppe se bousculent tout à coup au portillon. Après le grand naufrage du printemps dernier qui a incité le chef à rentrer dare-dare sous sa tente, le seul à ambitionner sa succession, Pierre Paquette, a fait volte-face devant l’ampleur de la tâche, rabroué en plus par les moralisateurs du Bloc qui jugeaient improvisée pour ne pas dire indécente sa hâte à se mettre sur les rangs.
Mais depuis que l’oncle Jack s’en est allé plus vite que prévu au paradis néo-démocrate, laissant orphelin le troupeau de ses gentils, mais crédules moutons québécois, la donne politique a changé. Trois candidats briguent maintenant la chefferie bloquiste. Le dernier en lice, l’ex-ministre péquiste Daniel Paillé, avait pourtant juré sur la tête de sa mère qu’il n’irait pas, invitant les plus jeunes à prendre la relève si tant est qu’ils croyaient pouvoir injecter un souffle nouveau dans le grand corps malade qu’était devenu le Bloc.
Pourquoi Paillé a-t-il mangé sa chemise ? L’explication est simple. Il a compris que la mort imprévue de Jack Layton offrait au Bloc la chance inouïe de se refaire une beauté, doutant que le NPD puisse maintenir son emprise sur le Québec sans le sourire du sympathique « Oncle Jack ».
Le tsunami néo-démocrate du printemps n’aurait donc été qu’un feu de paille, comme le vote massif de 2007 en faveur de l’ADQ ( 41 députés ) au provincial ? Les Québécois sont comme ça. Quand ils sont déboussolés et n’y comprennent plus rien, ils votent jovialement contre leurs intérêts qu’ils ont bien du mal à cerner. Droitistes en 2007, gauchistes en 2011. Et pourquoi pas legaultistes en 2012, dernier champion en date du « suivez-moi, je vais nulle part » ?
Et voilà pourquoi, on peut aussi prédire qu’au fédéral, le château de cartes néo-démocrate québécois s’écroulera, dès que le Canada anglais aura repris le contrôle du parti qui lui a échappé, le temps d’une élection. Déjà, les cartes sont en train d’être brassées de façon à élire comme chef, au congrès de février, le candidat de l’Ouest, Brian Topp, et ce faisant à écarter celui du Québec, Thomas Mulcair, que d’aucuns voyaient comme le successeur attitré de Jack Layton.
Le plus cocasse dans toute cette histoire, c’est que dans la fournée hétéroclite des quelque 50 députés néo-démocrates élus au Québec, il s’en trouve, comme Françoise Boivin, députée de Gatineau, pour affirmer qu’il faut sortir le NPD du Québec. Textuel. Dire que ce parti a mis plus de 50 ans avant d’y pénétrer. Et déjà, on veut l’exfiltrer ! Allez donc les comprendre, ces Québécois ? Moi, j’en perds mon latin.
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Le raté des bourses de Londres et Toronto:la vengeance est douce au cœur de l’Indien…québécois
Il s’appelle Luc Bertrand, l’homme derrière le groupe financier Maple qui vient de faire avorter le mariage forcé des bourses de Londres et de Toronto. Mariage qui aurait inclus, suspendue aux basques de la dernière, la succursale de Montréal. Il faut dire que Bertrand, ex-patron de la bourse de Montréal, en devait une aux dirigeants de la bourse de Toronto (le groupe TMX). En 2008, il s’est fait baiser par eux quand il a accepté que sa bourse tombe sous la coupe de Toronto. On lui avait fait miroiter la direction des bourses fusionnées de Toronto et de Montréal. C’est l’Américain Thomas Bloet qui a gagné le gros lot.
Ce cocuage en rappelle un autre, plus récent. Celui de Cossette Communications, ce fleuron de l’entrepreneurship québécois passé sous la botte de Toronto par le biais d’une vente aux Américains qui en ont confié la direction à un Torontois, plutôt qu’à un Québécois. Et voilà, madame, pourquoi votre fille québécoise est doublement muette !
Une façon de voir le fiasco Londres/Toronto, c’est de tenir compte non seulement des intérêts et des motivations des entreprises, mais aussi des individus. C’est celle que je préfère. Et j’aime penser que les Québécois, et plus particulièrement Luc Bertrand, n’y sont pas étrangers. Ce dernier est porte-parole et chef d’orchestre du groupe canado-québécois Maple qui, après avoir contesté la fusion Londres/Toronto, offre maintenant d’acheter la bourse de Toronto. Une douce revanche pour l’Indien Bertrand. Œil pour œil, dent pour dent…
Regardez la liste des institutions financières québécoises qui font partie de Maple. Les gros joueurs ne manquent pas : Desjardins, Caisse de dépôt et placement, Banque Nationale, Fonds FTQ, notamment. Ils se sont associés à des groupes canadiens de calibre comme l’assureur Manuvie, la Banque Scotia et Teachers, puissante caisse de retraite des enseignants de l’Ontario qui a bien failli bouffer Bell il n’y a pas si longtemps encore. À noter : l’absence de la Banque Royale et de la Banque de Montréal, celle-ci n’étant plus montréalaise que de nom depuis qu’elle a fui à Toronto, comme aussi la Banque Royale, quand René Lévesque a décidé de franciser Montréal, à la fin des années 70.
Mais, il y a une autre façon d’interpréter l’avortement du mariage des bourses de Londres et de Toronto, incluant l’annexe montréalaise. On peut voir la chose comme une stricte transaction financière qui a obéi à sa logique. Les actionnaires, cupides par définition comme tous les actionnaires du monde, seraient-ils bien servis par la fusion ? Les intérêts des groupes financiers en cause, le londonien LSE et le torontois TMX, seraient-ils assurés? Dans les deux cas, les dirigeants de la Bourse de Toronto ont conclu que oui. On suppose que la particule québécoise a dit oui elle aussi, bien que sa voix, devenue si fluette depuis sa dilution dans la bourse de Toronto, en 2008, ne s’entend guère depuis…
Quant à la délocalisation du contrôle et des prises de décision pouvant affecter les marchés canadien et québécois vers une Bourse étrangère, en l’occurrence celle de Londres, les dirigeants de la bourse de Toronto ont conclu : on s’en fout ! Tant pis si le gros bout du bâton sera dans les mains des Londoniens qui contrôleront 55 pour cent des actions du nouveau mammouth boursier, on s’en fout encore ! On n’est pas là pour défendre la souveraineté du Canada. Le nationalisme économique ou politique, ouste ! Ce n’est pas notre affaire. On est là pour faire des sous dans un monde globalisé, point à la ligne.
Dire que durant les années 80, Pierre Trudeau s’est battu pour proclamer l’indépendance du Canada en coupant les derniers liens de vassalité vis-à-vis de Londres ! Et on y reviendrait par le biais de l’économie et de la finance, au nom d’une sacro-sainte mondialisation contestable et de plus en plus contestée ?
Il faut croire qu’une moitié au moins des actionnaires du groupe TMX a jugé que l’OPA londonienne fricotée par le Français Xavier Rolet, pdg de la bourse de Londres, et l’Américain Thomas Kloet, pdg de celle de Toronto, n’était pas assez juteuse. Ils ont dit non.
Parmi ceux qui ont rejeté ce mariage forcé, se peut-il que l’argument voulant que l’offre de Londres mît en péril la souveraineté du Canada et du Québec sur leurs marchés financiers respectifs aient touché une corde sensible ? J’aime le croire. Si c’était vrai, je reviserais mon jugement sévère sur les actionnaires, pas tous cupides après tout et même conscients de leur appartenance nationale.
Mais sa victoire, Maple doit la consolider. Et là, on peut être certain que la chicane va pogner. Déjà, au lendemain du flop de son grand rêve de voir la bourse de Toronto avalée par celle de Londres, l’Américain Thomas Kloet, celui-là même qui avait piqué le poste de grand patron à Luc Bertrand, a prévenu les gens de Maple : « Nous sommes ouverts à d’autres propositions que celle de Maple… » Comme mauvais et vindicatif perdant, difficile de faire mieux!
Et un plumitif de la page financière de La Presse, le canard de Power Corporation qui, en passant, est resté à l’écart du consortium québécois, d’en rajouter : « Des écueils en vue pour Maple… » Ah, oui ! quels écueils ? Mais la concentration, stupide ! Maple ferait injure au dogme de la nécessaire concurrence. Curieux que nos médias n’aient pas brandi l’argument contre le consortium de TMX qui concentrait en son sein les deux plus importantes banques du pays, la Banque Royale et la Banque de Montréal. L’avenir nous dira si la victoire de Maple et de Luc Bertrand n’aura été qu’une victoire à la Pyrrhus.
