Publié par : paysdesmasques | vendredi, 5 novembre 2010

La potasse et les potaches

Les larmes de crocodile de nos «notoires» de la politique et de la finance coulaient à flot, hier matin, après le veto du gouvernement Harper à la vente de Potash Corp., fleuron de l’industrie de la potasse canadienne, à la multinationale australienne BHP Billiton. Pourquoi pleuraient-ils, ces tartuffes, eux qui n’avaient pas bougé le gros orteil lors de la vente d’Alcan, fleuron de l’industrie de l’aluminium québécois, à la multinationale Rio Tinto, en 2007? Parce qu’ils regrettaient amèrement, en se séchant les yeux, que le gouvernement Charest, et eux-mêmes par leur silence, ait laissé filer le contrôle d’Alcan dans des mains étrangères. Et l’ancienne ministre libérale Monique Jérôme Forget, qui avait le gros bout du bâton à l’époque, de nous annoncer aujourd’hui comme si elle venait de le découvrir : « C’est important de garder chez nous certains joyaux… »
Il faut dire que notre gouvernement de «potaches» n’en était pas à son premier abandon du contrôle de nos richesses naturelles. Les bras croisés, Jean Charest a regardé partir ailleurs le contrôle d’Abitibi-Bowater, de Domtar, de Cambior et, dans le domaine de la finance, de la Bourse de Montréal. Et demain, sans doute, de l’industrie du gaz de schiste. Ce n’est pas du regret que ces floués volontaires devraient éprouver, mais de la honte.
La créature la plus réussie de ce gotha d’emplâtrés est sans doute le ministre-banquier Clément Gignac, celui-là même qui, alors qu’il dirigeait la Banque Nationale, travaillait à la centralisation de l’autorité des marchés à Toronto.Toutefois, de peur de passer pour Tartuffe, il a retenu ses larmes, lui qui s’apprête à financer la délocalisation en Inde d’une partie du contrôle de l’amiante québécois par le biais de la vente de la mine Jeffrey. N’est-ce pas ironique d’entendre, au même moment, le ministre des Finances Raymond Bachand prédire que le Québec aura sa grappe financière. À voir l’enthousiasme que mettent les libéraux à fermer la boutique québécoise, elle ne pèsera pas lourd, la «grappe à Bachand» !
Je n’ai pas tellement d’atomes crochus avec Brad Wall, le premier ministre de la Saskachewan, mais j’aimerais lui demander de refiler un peu de son courage et de sa combativité à Jean Charest. De lui communiquer surtout sa pugnacité à défendre mordicus les intérêts de sa province en ne craignant pas d’affronter le «monstre» qui siège à Ottawa sous le nom de Stephen Harper. Quitte à pratiquer au besoin l’intimidation politique.

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