Publié par : paysdesmasques | mardi, 17 janvier 2012

Référendum sur l’indépendance de l’Écosse : Londres appelle Stéphane Dion…

Est-ce dieu possible, Stéphane Dion, champion canadien de la loi fédérale sur la soi-disant clarté référendaire, visant à tuer dans l’œuf l’indépendance du Québec, fait des émules jusqu’à Londres ? Paraît-il que même la Reine a fait de sa concoction à relent antidémocratique son livre de chevet. Comme le premier ministre britannique David Cameron, elle veut y puiser des arguments à opposer aux Écossais qui envisagent de tenir, en 2014, un référendum pour se libérer enfin de la tutelle britannique qui les étrangle économiquement et culturellement depuis plus de 300 ans.

Pastichant le cri du cœur antilibertaire de Stéphane Dion, la revue britannique The Economist vient de demander aux Écossais : « Clarity please ! »  Porte-parole des milieux de la finance et des affaires de la City, The Economist déteste comme eux toutes ces idées ringardes de séparation, de morcellement et d’effritement des nations qui nuisent tant aux affaires. On est plus fort unis que divisés, clame la revue à la suite de David Cameron. Tout dépend, naturellement, à qui l’union profite le plus…

Peu ouvert aux aspirations à la souveraineté des peuples enchaînés à des majorités étrangères et arrogantes par les aléas de l’Histoire, le magazine porte aux nues l’exemple du Canada qui, à l’abri du carcan législatif imaginé par Stéphane Dion, attend de pied ferme toute tentative future des Québécois de se donner un pays.

La question posée aux Écossais devra donc être claire et nette, exige The Economist. Êtes-vous pour ou contre la séparation de l’Écosse ? Point barre. Pas de niaisage, pas de gossage, pas de texte entortillé comme celui auquel les Québécois ont eu à répondre aux référendums de 1980 et 1995.

Mais c’est une question piège pour les indépendantistes écossais ou québécois. Car ici comme en Écosse, une bonne partie de la population, tout en souhaitant l’indépendance de sa patrie, hésite à franchir le Rubicon à cause de ses effets secondaires, comme dirait l’autre. Et il est si facile quand on dispose du pouvoir ultime, de l’argent et de la sympathie des médias, de les multiplier, ces apocalypses, et d’en inventer, s’il le faut!

Au référendum de 1995, la corruption politique généralisée (le scandale des commandites, vous vous rappelez ?) a permis aux libéraux fédéraux de priver les souverainistes de la victoire par une mince marge. Corruption que The Economist se garde d’évoquer, bien entendu, et contre laquelle Stéphane Dion n’est pas monté aux barricades, lui, le petit soldat de la rigueur et de l’éthique politiques.

Pour bloquer l’émancipation des nations minoritaires assoiffées de liberté, les majorités oppressives disposent d’une autre arme que la malversation, suprême celle-là : la coercition législative telle que la conçoivent ici les libéraux fédéraux, c’est-à-dire manipulatrice et amorale. Mais on peut toujours soulager sa conscience en se disant qu’après tout, the law is an ass, un âne bâté qui excuse tout.

Durant les deux années qui viennent, la voie de Stéphane Dion est toute tracée. Londres, sa mère patrie par l’idéologie sinon la langue, a besoin de son savoir-faire pour l’aider à bricoler une loi border line, démocratiquement parlant, qui empêchera le premier ministre écossais, Alex Salmond, de réussir là où Jacques Parizeau a échoué, en 1995.

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Responses

  1. Stéphane Dion deviendra-t-il SIR après service ? Pitoyable!


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