Publié par : paysdesmasques | dimanche, 26 août 2012

Élections 2012: Des journalistes sexistes anti-Marois ont trouvé en Legault leur Uncle Jack…

Élections 2012 : Des journalistes sexistes anti-Marois ont trouvé en Legault leur Uncle Jack

Moi qui croyais que les journalistes et politiciens français étaient les champions du sexisme en politique ! Eh bien, je revise mon jugement après avoir assisté, depuis le début de la campagne électorale, au déferlement de jugements biaisés et franchement machos par moment à l’endroit de Pauline Marois, tant à TVA qu’à Radio-Canada. Tant à La Presse qu’au Journal de Montréal et qu’au Devoir. Pour ne nommer que ces médias.

Ma coupe a débordé après le débat Marois/Legault à TVA. Quand les trois petits génies assignés au commentaire électoral à la station à PKP ( je n’emploie pas le mot « analyse » car ce serait trop leur demander ), les Jean Lapierre, Richard Martineau et Mario Dumont, se sont mis d’une même claque à taper sur Marois, qui avait perdu évidemment le débat, et à encenser et flatter Legault, leur darling,  qui l’avait gagné, évidemment. Il me semble, et c’est le gros bon sens, que la Pauline ne peut pas être toujours mauvaise, avoir toujours tort, et enfiler des âneries chaque fois qu’elle ouvre la bouche pour répondre à une question tordue soufflée aux journalistes par les libéraux et les caquistes.

Visiblement, et je ne suis pas le seul à le dire,  je n’ai pas vu le même débat qu’eux à TVA. Le débat que j’ai écouté n’était pas non plus celui des Michel David, anti-Marois depuis des lustres tout comme André Pratte, ni celui des Vincent Marissal et Sébastien Beauvais, ni de tous nos autres jacasseux qui unanimement, dans un même cri du coeur caquiste, ont boosté l’antipathique et mal élevé Legault qui a radoté ses sempiternelles simplifications et passé son temps à couper la parole et à ne pas laisser parler Marois, ressassant ses promesses démagos et répétant ad nauseam qu’il allait faire « le ménage ». Bon dieu, qu’on lui achète un balai à celui-là, et qu’on en finisse !

Pourtant, elle a été aussi performante que Legault, ce soir-là. Est-ce l’influence de notre sport national sur la pensée profonde de nos BDT ( Bons dans Toute ) de notre presse ? C’était frappant de constater que leur seul intérêt durant les quatre débats, c’était de savoir qui avait gagné, qui avait perdu. Comme au hockey. « Go, Habs, go ! Go, Legault, go…»

Au lieu de se concentrer sur le fond des choses, nos très lucides journalistes ont cherché, dès les premiers coups de feu de la campagne, une « attraction », un charlot, un darling, pour ne pas trop s’ennuyer, vu que les débats d’idées, ce n’est pas leur tasse de thé, et vu aussi que Marois, c’est connu, n’est pas une bonne débatteuse et ne parle que de souveraineté.  Pour tout dire, nos BDT ont trouvé en Legault leur « Uncle Jack ». Mais quel contraste entre la personnalité bonhomme et chaude de Jack Layton, son honnêteté intellectuelle et sa rigueur, et la personnalité sulfureuse, méandreuse et populiste du matamore Legault.

Son attitude et sa gestuelle durant ses débats avec Charest et Marois m’indiquaient que nous avions là devant nous une personnalité autoritaire qui n’écoutait pas les autres et dont il faut craindre l’élection. Sa solution pour mater la révolte de nos étudiants ? Les faire rentrer avec la police. On n’est pas loin de l’État policier, là ! Comme disent les pessimistes, la foule ne sait  pas où aller, il faut le lui dire. Et c’est celui qui crie le plus fort qui risque de l’influencer, peu importe le caractère trompeur et bravache de son discours. Là-dessus au moins, je le reconnais, le chef caquiste est un as.

Mais entre nous, vous voyez ça, Legault PM flanqué de son policier archipur ( attendons de voir les trouvailles de la commission Charbonneau… ) et de son « tueur » de médecins, l’immense toubib qui veut instaurer un régime de santé minceur pour tous les Québécois en introduisant l’esclavage chez les médecins de famille, déjà superoccupés, assénant aux journalistes gagas suspendus à ses basques, sans une once d’esprit critique, son slogan simpliste d’un médecin de famille par Québécois avant un an. Oh, my God ! Je ne voudrais pas être le millième patient qui attend désespérément son tour sur la liste allongée de nos médecins de famille !

Comme on dit : l’enfer est pavé de bonnes intentions. Mais dans le cas de notre bon docteur, son enfer est plutôt pavé de mauvaises intentions, vu qu’avant de faire de la politique, il a passé son temps à diffamer et à matraquer les médecins de famille ravalés à des paresseux. Dommage que ceux-ci ne trouvent pas le courage aujourd’hui de lui donner la réplique.

On peut donc s’attendre à un règlement de comptes de ce côté-là et au chaos social si jamais, pour le malheur du Québec, de ses libertés, de ses médecins, de ses serviteurs de l’État, de ses syndiqués, de ses employés municipaux, de ses enseignants et de… ses étudiants, le transfuge Legault avec son immense médecin simplificateur et son incorruptible policier, qui veut nommer les ministres à sa place, parvenaient à se glisser au pouvoir grâce au sexisme et à la complicité béate de nos plumitifs de l’écrit et de la télé.

Comment ne pas voir que nos médias travaillent à faire le lit de Legault comme ils ont fait celui de Layton et Mulcair aux élections fédérales ? Car dès qu’il est devenu évident, à cause des sondages favorables à Marois, que Jean Charest n’était plus qu’un canard boiteux, la consigne soufflée à nos journalistes très dociles s’est imposée de soi. Il fallait booster la CAQ qui, grosso modo, défendait la même ligne que les libéraux mais en plus virulent et en plus démagogique, et cogner sur « Mame Marois » dont le parti est totalement au service des intérêts et des besoins des Québécois, et non pas à la remorque des groupes financiers et d’affaires liés à la propriété de nos médias qui financent libéraux et caquistes. Et dont, rappelons-le, François Legault est issu.

N’oublions pas non plus qu’avant de décider un matin en prenant son café que la nation ne pourrait pas s’en tirer sans lui, l’antisyndical Legault faisait voler ses avions d’Air Transat avec l’argent du Fonds de Solidarité de la FTQ. C’est un indice de plus de l’aptitude de l’homme à renier ses amis d’hier. Ceux du monde syndical qu’il discrédite et intimide aujourd’hui et ceux du Parti québécois qu’il aurait tant aimé diriger. Mais n’y arrivant pas — heureusement pour les souverainistes — il s’est donné son parti avec les dépouilles de l’ADQ de Mario Dumont, promu aujourd’hui commentateur politique à TVA.

Pierre Godin

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Responses

  1. Monsieur Godin, ça m’a fait le plus grand bien de vous lire au sujet de Pauline Marois et ses détracteurs. Depuis plusieures années déjà, j’entends des commentaires à son sujet, des exigences qu’on n’imposerait pas à un homme. Il faudrait qu’elle n’ait aucun défaut et qu’elle ne fasse aucun faux pas pour qu’on lui accorde le droit d’exister politiquement. Une machine, c’est ce qu’on lui demande d’être. Bref, je me suis delectée de votre papier et me suis inscrite illico à votre blog-notes. Merci, Isabelle Doré.

  2. Je suis bien d’accord avec vision.

    Et votre façon d’écrire est d’une savoureuse richesse tant dans le style, le vocabulaire que le sens.

    Exemplaire quoi !!

  3. Totalement en accord avec toi , que c’est navrant de voir les journalistes avec si peu de rigueur et d’éthique ….les politiciens ont réussit à nous rendre cyniques à leur propos. Allons -nous le devenir aussi au sujet d’une bonne partie des journalistes . Déjà lors du conflit étudiants ça m’avait sauté aux yeux …bien dommage . MJ

  4. Moi aussi, je suis d’accord avec les quelques grands éléments de votre position: la confusion des genres m’interpelle au plus haut point. Celle qui est laissée à d’ignobles incultes, assoiffés de pouvoir et transis de part-pris, cette incompétence laissée au premier venu capable de taper 10 mots la minute, est en train de transformer le noble métier de journaliste et reporter (et non celui de commentateur, chroniqueur et autres pseudos expérimentés de l’information parce que depuis 5-10 ans baignant dans la chose de l’information) au rang des sous-doués. Le pire dans tout ça est que le petit lait chaud balbutié de ces scribes ratés de la politique du siècle dernier ou tout simplement stupides, nous ramène dans une très large société de prêt-à-voter inintelligemment. Comme disait un ex-collègue chef de pupitre d’antan: Problème mammouth pour un peuple qui s’ignore !


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