Publié par : paysdesmasques | mercredi, 10 juillet 2013

Trop de couacs, d’erreurs, de reculs : qui nous gouverne, Marois ou les mandarins libéraux nommés par Charest ?

Par Pierre Godin

Il est courant qu’un nouveau gouvernement se mette les pieds dans le plat. Le manque de connaissance des dossiers, la précipitation, le désir de remplir ses promesses électorales, de montrer ses muscles, etc.  Mais dans le cas du gouvernement Marois, champion toute catégorie en inepties et maladresses depuis ses tout premiers pas, il faut peut-être faire appel à une autre explication.

Formée d’une batterie de hauts fonctionnaires fédéralistes nommés par les libéraux, la machine gouvernementale en place depuis l’arrivée du PQ peut faire la pluie et le beau temps, pousser le nouveau gouvernement dans des culs-de-sac, lui donner de belles jambettes sans trop en avoir l’air, voire même lui glisser sournoisement à l’oreille des choix pouvant se révéler suicidaires. Surtout que ces mandarins ont affaire à de jeunes ministres idéalistes, inexpérimentés et souverainistes en plus, comme c’est le cas de plusieurs ministres nommés par Pauline Marois.

Bon, certains naïfs diront : tu exagères, bonhomme, ne sais-tu pas que les hauts fonctionnaires n’ont pas de couleur politique ? Ce sont des techniciens qui font la politique de leurs maîtres du moment, que ceux-ci soient libéraux ou péquistes. Ça, c’est rêver en couleur : les mandarins votent, eux aussi. Comme les journalistes. Ils ont leurs partis pris idéologiques, eux aussi. En plus de cacher au fond de leur poche des « I owe you » à l’endroit de l’ancien gouvernement auquel ils doivent leur carrière. Il est donc tentant, face au gouvernement Marois, minoritaire en plus, et dont ils ne savent trop s’il sera encore au bâton dans quelques mois, de préserver la loyauté les liant aux idées et politiques du parti qui les a recrutés.

Quitte à faire trébucher à l’occasion cette bande de ministres néophytes péquistes emmêlés dans leurs pinceaux. La dernière bourde, toute fraîche encore, du ministre de la Culture, Maka Kotto, paraît à cet égard typique. À moins de faire appel à l’incompétence (si c’était là l’explication à retenir, le ministre de la Culture ne serait pas le seul dans son camp  … ), comment peut-on lancer une grande discussion sur le livre sans inviter à la table certains gros joueurs de l’édition québécoise, comme HMH, Leméac,  Fides, pour ne citer que ceux-là ? Faisant plutôt une place très large à des majors étrangers, comme Costco, Walmart, Target et Apple. Incroyable, mais vrai.  On croit rêver… Devant les cris d’orfraie, plus que justifiés, de nos éditeurs, auteurs et libraires, l’entourage du ministre eut beau bafouiller des excuses aussi ineptes que la décision, le mal était fait.

Comment ne pas s’interroger sur le processus de décision du gouvernement Marois, tributaire de l’influence des mandarins libéraux en place, à la lumière de tous ses couacs et de son rétropédalage gênant dans certains dossiers majeurs comme le français,  la santé, l’école passerelle, les signes religieux, les redevances minières ? Sans parler de la politique abracadabrante et dilatoire de Martine Ouellet, la ministre superécolo responsable de la mise en valeur de notre pétrole et de notre gaz de schiste qui, s’il n’en tenait qu’à elle, ne démarrerait pas avant la saint glinglin. Elle l’a avoué en toutes lettres le lendemain même de la victoire à l’arraché du PQ. Pourtant, et l’enfer de Lac-Mégantic nous l’enseigne : il vaudrait mieux sortir de terre au plus vite notre gaz et notre pétrole plutôt que de les importer par train ou pipeline de l’Alberta, du Dakota-Nord ou de Tombouctou.

Quel est au juste le rôle des conseillers « techniques » du gouvernement dans cette improvisation généralisée ? Sans pour autant donner l’absolution complète aux conseillers « politiques » peuplant les différents cabinets ministériels, ne peut-on pas, sans tomber dans la paranoïa,  y voir aussi la main experte du mandarinat libéral ? Comme lors de cet autre incident bizarre où la ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, confia aux hauts fonctionnaires de son ministère, ceux-là mêmes qui avaient élaboré sous les libéraux le programme d’enseignement de l’histoire tant décrié, le soin de former un nouveau comité chargé de revoir… ledit programme. C’était un peu comme si elle avait confié les clés du paradis à Lucifer !

 

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