Publié par : paysdesmasques | lundi, 29 juillet 2013

Pétrole et gaz de schiste : otage des écolos, le gouvernement Marois nous prive de cette mine d’or

par Pierre Godin

Faudra-t-il qu’un Arnaud Montebourg québécois se lève pour faire entendre raison au gouvernement Marois opposé à l’exploitation de notre gaz et pétrole de schiste qui dort sous nos pieds ? Montebourg, c’est ce ministre socialiste français qui, affranchi de l’obscurantisme de ses collègues-ministres aussi fermés que les nôtres à la mise en valeur de la ressource, ose aller à contre-courant et proposer ce qu’il appelle « l’exploitation écologique » du gaz et pétrole de schiste. Avis à tous ceux qui, pour mieux le discréditer, seraient tentés de le cataloguer à droite, ce ministre fait partie de la gauche du gouvernement Hollande.

Loin d’être l’âme damnée des pétrolières, Monteboug confierait à « une compagnie publique nationale » l’exploitation des schistes. Dire que nous l’avions déjà cette société publique, la SOQUIP, mais Hydro-Québec l’a démantibulée pour céder tous ses permis d’exploration et d’exploitation à l’entreprise privée, conformément au dogme néo-libéral du gouvernement Charest qui déifiait l’entreprise privée et le marché.

En plus de réduire radicalement les importations françaises de gaz et de pétrole, l’objectif premier de Montebourg, celui-ci veut susciter aussi la création de milliers d’emplois, comme dans les États américains qui s’adonnent au fracking depuis des lunes. À commencer par le Dakota du Nord, au sud de la frontière canadienne, qui connaît, depuis 2006, une fièvre de l’or noir suscitée par l’exploitation des formations schisteuses de gaz et de pétrole. Longtemps méprisés et misérables, les « red necks » ( ou les ploucs ) de cet État gagnent maintenant, grâce au boom pétrolier et gazier, les salaires les plus élevés du pays, soit 78 000 $, alors que le taux de chômage y est le plus bas, soit 3,25 %.

Pas surprenant alors si 89 % des habitants de l’État sont d’accord avec l’exploitation du « tas d’or » sur lequel ils sont assis. Pas besoin de préciser que les activistes écologistes ne sont pas populaires dans le coin. Promised Land, le film bon apôtre de Matt Damon consacré aux dégâts collatéraux du fracking ne fait pas recette. Pas foule non plus pour écouter une vedette locale chanter : « Après avoir démoli nos routes, nos écoles et nos maisons, c’est vous qu’ils vont fracturer ! »

Pour revenir à Arnaud Montebourg, plutôt que d’adhérer bêtement comme ses collègues ministres au discours catastrophique des écolos extrémistes, qui tient pour une bonne part de la superstition, il est convaincu que, grâce au progrès de la technologie, il est possible de procéder à la fracturation hydraulique sans provoquer de fin du monde. Il se fait fort aussi, mais là on lui souhaite bonne chance, de convaincre les « écologistes raisonnables », selon son expression. Il aura fort à faire, car la campagne de diffamation contre lui va bon train.

« Il ne lui reste plus que le verbe parce qu’il vole d’échec en échec, de faillite en faillite, c’est un ministre nuisible », couine Jean-Vincent Placé, sénateur écologiste « déraisonnable » du groupe Europe Écologie-Les Verts. Philippe Martin, ministre socialiste de l’environnement, rappelle son collègue à l’ordre : « La question d’une exploitation écologique des gaz de schiste ne se pose pas ».

On croirait entendre notre ministre écolo Martine Ouellet qui tenait le même discours, au lendemain de sa nomination comme ministre des Ressources naturelles. Depuis, elle va de déclarations ambigües en déclarations ambigües, d’étude en étude, de consultation en consultation, de blablabla en blablabla… Bref, elle tue le temps et notre patience. Sa dernière « trouvaille » pour ne pas agir : elle voudrait bien exploiter le pétrole de schiste, mais sans… gaz à effet de serre. Aussi bien dire jamais ! Mais pourquoi se surprendre de son niaisage, c’est la marque de commerce du gouvernement Marois ? Par peur de choquer ou Pierre, ou Jean ou Jacques, il temporise et repousse ses politiques à la semaine des cinq vendredis sous prétexte qu’il est minoritaire. La peur de faire peur, une maladie bien péquiste…

En France, l’opinion évolue, sauf celle de François Hollande. « Lui, président, il n’y aura pas d’exploitation de gaz de schiste », a titré, moqueur, le journal Le Monde. Mais rien ne dit que Montebourg ne gagnera pas sa bataille. En effet, le Conseil constitutionnel s’est saisi de l’affaire et a trois mois pour décider si la loi interdisant la fracturation hydraulique adoptée en juillet 2011 est conforme ou pas à la constitution. Si la loi est recalée, l’exploitation du gaz de schiste deviendra possible. Il faut dire que les Français ont sous les yeux le « miracle » américain qui en fait saliver plus d’un. Il y a de quoi. En 2011 seulement, les États-Unis ont produit 220 milliards de mètres cubes de gaz dont 34 % venait du schiste. Le boom pétrolier et gazier en cours a complètement bouleversé les perspectives énergétiques du pays. Les experts prévoient que grâce au pétrole de schiste, les É.-U. seront bientôt complètement indépendants du pétrole saoudien, et même autosuffisants en matière énergétique.

Mais, la ruée américaine sur le schiste a sa face sombre : le comportement sauvage et irresponsable de cupides pétrolières qui, faute d’un encadrement de l’État, causent des dégâts peut-être irréparables à la biomasse. D’où, bien sûr, cette idée de Montebourg d’une société publique qui dicterait les règles, superviserait la mise en valeur de la ressource et civiliserait les pétrolières.

Chez nous, le gouvernement Marois ne paraît pas pressé de faire profiter la province et ses habitants du « tas d’or » sur lequel ils sont assis. Zozos un jour, zozos toujours. Nous, on regarde passer le train. Dopés par les demi-vérités et les clichés des écolos relayés sans esprit critique par nos médias, et Martine Ouellet, nous dormons sur la switch ! « On n’a pas besoin de t’ça ! » martèle le comédien Roy Dupuis dans une vidéo écologiste bien intentionnée, mais qui ne dit pas tout, sur l’exploitation éventuelle de notre gaz et de notre pétrole de schiste. Aux É.-U., future Arabie saoudite du gaz, et dans la prospère Alberta, on a besoin de « t’ça » et on n’hésite pas à se « salir » les mains.

Mais pourquoi s’en faire, on ne manquera jamais de carburant. Notre première ministre l’a dit, le pétrole albertain provenant des toxiques sables bitumineux est bienvenu au Québec, qu’il arrive par train ou oléoduc. Et puis, après tout, le PIB des Albertains, c’est des pinottes à côté du nôtre. Riches comme nous sommes, nous pouvons nous permettre de leur acheter tout le pétrole qu’on voudra au lieu de profiter du nôtre. À la condition cependant qu’il n’explose pas ou ne se déverse pas dans nos cantons.

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Responses

  1. J’apprécie votre article qui éclaire ma lanterne dans ce fameux dossier des gaz de schiste et de pétrole. Je dois vous avouer que les informations prises sur le sujet – surtout à Radio-Canada – depuis un bon moment, me font davantage pencher du côté écolo mais je me dis que vous, vous êtes sûrement bien informé sinon vous n’auriez pas écrit sur le sujet. Je garde donc l’esprit ouvert. Si vous écrivez encore, j’apprécierais recevoir vos textes via mon Facebook, si ce n’est trop demandé…Merci beaucoup m’sieur Pierre.


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