Publié par : paysdesmasques | mardi, 19 novembre 2013

Grosse révolution ! Marois accueillera 50 000 immigrants au lieu de 55 000, comme sous les libéraux

 

 Au temps de Jean Charest, les libéraux avaient un gros défi à relever. Ouvrir toutes grandes les portes de la province aux immigrants. Car ils avaient besoin de leur vote, acquis à plus de 80 %, comme l’indiquaient les sondages. Sans leur appui et celui, tout aussi massif, des Anglos, ils auraient moisi éternellement dans l’Opposition. Ils avaient donc intérêt à augmenter le poids du vote ethnique et à réduire d’autant celui des francophones qui les boudaient.

« C’est une stratégie machiavélique pour garder le pouvoir! » tempêtait Pauline Marois, alors chef de l’Opposition. N’empêche qu’elle avait raison : il s’agissait d’une combine électorale très efficace. Selon elle, le chef libéral ne faisait que manifester, une fois de plus, son « mépris » pour les francophones dont il cherchait à laminer l’influence politique. Il savait que les nouveaux venus n’oseraient jamais voter contre un gouvernement assez généreux pour les héberger sans même exiger d’eux qu’ils apprennent le… français, pourtant la langue officielle du Québec.

Cette préoccupation électoraliste mise à part, d’autres facteurs incitaient les libéraux à accepter le plus d’expatriés possible. Ils voulaient compenser la baisse de la natalité. Or, avec 154 naissances pour 100 décès, le Québec se situait dans le peloton de tête des pays industrialisés dont le taux de naissance surpassait celui des mortalités. Qui plus est, le taux de fécondité des Québécoises se situait au-dessus de la moyenne du pays. Les couples en étaient à trois puis quatre mômes. Pas de natalité en berne, donc, malgré le discours officiel.

Oui, mais le vieillissement de la population, direz-vous ? Comment le stopper sans une immigration jeune importante ? À cause de sa natalité championne, le Québec était l’une des plus jeunes nations de la planète développée : 14 % de vieux contre 20 % au Japon, 19 % en Allemagne, 16 % en France. De plus, accueillir 55 000 étrangers, comme l’avait décidé Jean Charest, aurait un effet dérisoire sur le nombre de vieux 30 ans plus tard, avertissaient les experts. Sur 100 habitants, 44 auraient les cheveux blancs, contre 46 sans apport migratoire.

         Oui, mais, objecterez-vous encore, on manquait de main-d’œuvre qualifiée pour soutenir la croissance économique. Faire venir massivement des migrants jeunes et scolarisés, n’était-ce pas la bonne solution ? Illusion ici aussi. Selon les experts, l’impact de l’immigration sur la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée est marginal et contribue peu à la croissance économique. Sur le papier, 60 % des immigrés acceptés l’étaient comme travailleurs qualifiés. Dans la réalité, c’était seulement 9 % à cause notamment de considérations humanitaires, comme la réunification des familles ou les réfugiés politiques.

        Accueillir trop d’immigrants pouvait provoquer aussi des effets néfastes : difficultés d’adaptation au marché du travail, chômage élevé, problème de langue, désillusion et rancœur pouvant miner la paix sociale. Comme Pauline Marois avait stigmatisé le chiffre de 55 000 immigrants par année, on s’attendait à ce qu’elle coupe dans le gras. Mais jusqu’où ? Optant pour la voie du milieu, comme toujours,  elle vient de décréter que 50 000 est le bon chiffre. Seulement 5 000 immigrants de moins par année en comparaison des libéraux. Toute une révolution !

Son défi, c’est celui de tous les chefs d’État des pays riches envahis par des masses de migrants fuyant la dictature ou la pauvreté. Certes, pour une société tricotée serrée trop longtemps repliée sur elle-même comme la nôtre, ceux-ci constituent une richesse, une ouverture sur l’ailleurs. À condition de les intégrer sans « choc de civilisation », comme disent les sociologues. Dans le contexte de notre psychodrame actuel sur les signes religieux, peut-être vaudrait-il mieux parler de choc de « valeurs ». Celles d’une société démocratique et laïque confrontée aux valeurs musulmanes, pas toutes compatibles avec la démocratie, comme l’inaliénable égalité homme/femme et la liberté d’expression et d’opinion, concepts étrangers à l’univers mental des  intégristes de l’islam.

 On nous l’a assez répété, l’une des conditions d’une intégration réussie consiste à maintenir le flot migratoire à des niveaux raisonnables pour éviter que de gros boutons racistes ne percent la peau des natifs. Avant Jean Charest, sous un gouvernement du Parti québécois, les entrées ne dépassaient pas 30 000. Pour beaucoup de chercheurs, il s’agissait là d’une limite à ne pas dépasser.

Pourtant, Pauline Marois compte, elle aussi, la transgresser allègrement en accueillant 50 000 étrangers, soit près du double du flux migratoire raisonnable. Une erreur monumentale, pour ne pas dire un risque. En effet, comment réussir à intégrer sans pustule xénophobe autant de visages pâles et plus ou moins pâles dans une société d’à peine huit millions d’habitants ? 

 Il suffit de comparer le flux migratoire d’autres pays aux prises, eux aussi, avec une invasion de migrants en quête d’un Eldorado, pour trouver nettement abusif le chiffre de 50 000. Prenons le cas des États-Unis de Barack Obama, lui-même fils d’immigrant, qui limitent le nombre de nouveaux venus à un pour 300 habitants. Si notre très accueillante première ministre respectait un tel quota, seulement 28 000 personnes entreraient chez nous chaque année. Ce chiffre coïncide d’ailleurs au seuil fixé par les gouvernements péquistes antérieurs au sien.  

Terre d’immigration par excellence, la France avale chaque année 180 000 expatriés pour une population de 60 millions d’habitants. Un ratio de 0,3 contre 0,6 chez nous. Autrement dit, nous ouvrons les bras à deux fois plus de migrants qu’en France. À trop défier notre capacité d’intégration, Pauline Marois ne risque-t-elle pas de provoquer chez nous, à plus ou moins long terme, l’immonde prurit de la xénophobie, comme en Suède ou en Norvège, pays du nord de l’Europe bondés d’immigrés pris en chasse comme s’ils étaient des lapins par des groupes néonazis racistes ?

 Arrêtons-nous au cas de la Suède. Longtemps considéré comme le modèle à suivre en matière d’intégration des immigrants sans dérapage raciste, ce pays flambe depuis 2008. D’une émeute à l’autre dans les quartiers d’immigrants, comme à Husby où 85 % des habitants sont d’origine étrangère, les Suédois désignent la coupable : la politique d’immigration insensée de leur gouvernement qui ouvre maintenant les bras à 44 000 étrangers par année. Soit 50 % de plus que durant les années antérieures, ce qui met à rude épreuve la capacité d’intégration harmonieuse des accueillants. Résultat : dans les zones défavorisées de Stockholm, bondées d’immigrants, un jeune sur cinq est chômeur et non scolarisé. Et 30 % seulement des élèves de ces ghettos ont des notes suffisantes pour être admis au collège. Victimes des inégalités sociales et se sentant rejetés, ces jeunes font craquer le mythique modèle d’intégration harmonieuse à la suédoise.

Qu’en sera-t-il ici, nous qui accueillons 11 000 migrants de plus par année que la Suède, alors que notre population ne s’élève qu’à huit millions d’habitants contre dix millions au royaume suédois ? Cette généreuse politique d’immigration centrée avant tout sur les pays musulmans du Maghreb où le français est parlé n’est pas sans conséquence, comme l’indiquent l’avalanche des demandes d’accommodements …déraisonnables de la part des groupes religieux et culturels, et la prolifération soudaine du foulard islamiste dans nos rues et les services publics.

Comme l’ont constaté des observateurs étrangers. Telle Abdeljalil Akkari, une battante de l’antiislamisme radical. Quinze ans qu’elle n’était pas venue chez nous. De retour en Suisse, après quelques jours à arpenter nos rues, elle écrivit dans une lettre à ses amis d’ici : « J’ai pu constater avec regret une augmentation inquiétante du nombre de personnes arborant des signes religieux ostentatoires. Une visibilité agressive et dérangeante dans un monde toujours marqué par la menace terroriste. Le voile a sa place, oui, mais dans les mosquées. »

À ne pas négliger non plus le témoignage de l’écrivaine féministe algérienne Wassyla Tamzali, ex-directrice du programme de l’UNESCO pour les droits des femmes, tel que rapporté par Isabelle Paré, dans Le Devoir. Suivant de près notre débat sur la Charte de la laïcité, Wassyla Tamzali s’inquiète du glissement idéologique vers le compromis, vers « la voie du milieu », qu’elle croit décerner chez le gouvernement Marois.

Elle remarque : « On ne peut dire, ça sera permis dans certaines conditions. On sacrifie les droits fondamentaux des femmes au nom de la tolérance religieuse. On ouvre la porte au fanatisme religieux. » Et d’appuyer un peu plus encore : « Il y a une faiblesse ( ici ) dans le discours parce qu’on a peur de stigmatiser l’islam. On ne connaît pas l’islam, c’est le trou noir de la pensée occidentale. L’islam ne libère pas les femmes, il les remet à leur place, les soumet à la charia… »

Message qu’auraient peut-être intérêt à écouter Julie Miville-Deschênes, l’accommodante patronne du Conseil du statut de la femme qui a « toute la confiance » de Pauline Marois, celle-ci dixit, et ceux parmi nos candides blogueurs de presse qui ne voient rien venir à l’horizon.

 

Pierre Godin

 

 

 

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