Publié par : paysdesmasques | vendredi, 22 novembre 2013

Marois, Catania, Fatima, Couillard, et caetera, ou quand nos journalistes patinent sur la bottine…

 

Je suis tombé de ma chaise, l’autre matin, en lisant la manchette du Devoir ( celle du 14 novembre ) digne de la presse Murdoch : « Marois et Catania, voisins de condo au Mexique ». Un cas manifeste de culpabilité par association ( guilt by association ), car dès le premier paragraphe, on apprenait que Pauline Marois ne savait pas que l’entrepreneur Catania, accusé de fraude, possédait un condo dans le même édifice, quand elle l’a acheté, et qu’il s’y était installé bien avant elle. Alors, ça rimait à quoi cette manchette fleurant la diffamation? Après tout, on n’était pas à la commission Charbonneau ! Il s’agissait d’une non-nouvelle pour discréditer Marois en l’associant insidieusement à l’entrepreneur Catania. À la lecture du titre, c’est ça qui venait à l’esprit du lecteur. Ce manque de rigueur m’a fait penser à l’association vicieuse que Jacques Duchesneau, le grand justicier de la CAQ, avait concoctée à l’encontre d’André Boisclair.

Devinant sans doute le caractère tendancieux de son « scoop », l’auteur de l’article s’empressa de détourner notre attention en insinuant que la proximité mexicaine de Marois avec Catania soulevait des problèmes de sécurité. Putain… ! Comme si d’avoir pour voisin un entrepreneur véreux mettait la vie de la première ministre en danger !

Que se passe-t-il donc au Devoir ? Journal influent et rayonnant à certaines époques fébriles de notre histoire, mais sous d’autres directorats que l’actuel, le voilà maintenant qu’il fabrique une manchette à sensation pour jeter un doute sur le jugement ou l’éthique de Pauline Marois. C’est limite. Le genre de nouvelle tirée par les cheveux qu’on laisse habituellement à La Presse et à Radio-Canada, deux médias franchement anti-Marois et anti-PQ qui rotent sans gêne aucune dans la mangeoire libérale.

Ceux-là, ils s’y connaissent dans l’art de noyer le poisson, quand sa senteur risque de gêner les affinités électives qui les lient aux libéraux. Le jour même où la députée Fatima Houda-Pépin brisait avec fracas la fausse unanimité du Parti libéral contre la charte de la laïcité, La Presse publiait une énorme manchette partisane sur les infrastructures sportives qui allaient, zézayait-elle, en majorité dans des comtés …péquistes. Mais où était donc passée Fatima? Avait-on relégué à la page des décès celle qui osait défier le chef Couillard qui, dès qu’il ouvrait la bouche au sujet de la laïcité, s’emmêlait dans ses pinceaux ? Pas tout à fait, mais presque. Il fallait prendre une loupe pour  découvrir au milieu de la une un tout petit titre fadasse enfoui sous les photos géantes et les titres gras qui dévalorisent habituellement la première page de ce quotidien.

Même manège partisan au bulletin télévisé de 18 h de Radio-Canada. Comme à La Presse, Fatima ne figurait pas, bien entendu, dans les principales manchettes du jour, mais le maire Ford de Toronto, oui, oui, oui…  Radio-Can ne consentit à nous informer de l’affaire, qui était pourtant sur toutes les lèvres, qu’à la toute fin de la première partie du téléjournal. Juste avant la météo, quoi ! Il ne manquait plus que l’annonceur de service pour nous seriner, comme à la radio, le ridicule « Ici Radio-Canada…Première » !

Dans ce cas-ci tout au moins, la télé fédérale ne fut pas la « première », mais la « dernière », à nous informer de la sortie fracassante de Fatima qui brisait l’unanimité factice du Parti libéral. Une déplorable histoire qu’on ne devait surtout pas monter en épingle… Mais pistonner plutôt celle de l’opposition à la charte péquiste de la laïcité récupérée par les islamistes sous le nez de nos candides journalistes.

Il fallait écouter le reportage angélique de Radio-Canada au sujet des deux éducatrices en niqab d’une garderie de Verdun. Un cas évident de provoc. On serait attendu à ce que la journaliste, faisant preuve d’un minimum d’esprit critique, demande par exemple à l’éducatrice depuis quand elle portait la cagoule ? La portait-elle depuis toujours pour plaire à son imam ou à son mari, ou seulement, comme par hasard, depuis la présentation de la charte des valeurs ? Il faut dire que les provocateurs de l’islam intégriste, des champions en la matière, ont beau jeu face à une presse naïve ou autiste, et à un gouvernement d’enfants de chœur qui laisse pourrir un débat qui s’éternise depuis les années Charest.

Pour revenir à La Presse, elle allait pour ainsi dire réparer l’injure faite à Fatima grâce à la plume de l’un de ses correspondants à Québec. En effet, le surlendemain de la sortie de notre première députée musulmane, le scribe bidouilla un article qui la salopait, du premier au dernier paragraphe. Ainsi va notre presse quand ses artisans, patinant sur la bottine de l’information partisane, glissent et dérapent…

Pierre Godin

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