Publié par : paysdesmasques | mercredi, 8 avril 2015

Le PQ, un parti fantôme? Et si le prophète de malheur Parizeau avait raison…

 

par Pierre Godin

 

« Bonne continuation… de course à la chefferie, les gamins! » Ce sobriquet pas très gentil m’est venu à l’esprit quand j’ai reçu un énième courriel de la lucide et vaillante équipe du Parti québécois qui supervise l’opération. Celle-là même, sans doute, qui a coulé Pauline Marois avec une campagne électorale si erratique que les mauvaises langues chuchotaient qu’elle avait été concoctée par les libéraux…

« En vue des débats, envoyez-nous vos questions! » suggérait la vaillante équipe, comme si elle était en panne d’idées pour le prochain débat entre les candidats, le 16 avril. En passant, où en est-on exactement dans les palabres? Y en reste-t-y encore beaucoup, des débats, avant d’avoir enfin un chef? Les seuls qui ne semblent pas réaliser qu’il y a urgence, ce sont nos angéliques de la vaillante équipe qui ont décidé de faire durer le plaisir le plus longtemps possible. Le temps que les banquiers anglicisés et cupides qui entourent Couillard, laissés depuis des mois sans adversaire valable, continuent de briser méthodiquement le cœur et les reins du Québec français historique.

Écœuré comme bien d’autres par cette course qui n’en finit plus, ma réponse à la question était toute prête : la meilleure idée que je pourrais vous suggérer, messieurs dames, c’est d’en finir au plus sacrant avec vos débats sur le sexe des anges — comme la date du foutu référendum — qui n’intéressent personne. Autre exemple, le thème palpitant du prochain débat : « indépendance et parti »…

Je me suis laissé dire aussi, mais j’espère que je me trompe, que vous songiez à prolonger la course jusqu’en… 2023. J’avoue cependant que je ne serais pas tant surpris que ça. Car j’ai encore en tête l’aberrante feuille de route dévoilée par le président du PQ, Raymond Archambault, après le départ de Pauline Marois. « Avant de désigner un nouveau chef, pontifia-t-il le plus sérieusement du monde, il faudra d’abord tenir un congrès d’orientation pour adopter un programme. Or ce congrès ne se tiendra pas avant… 2016. » Pas pressé, le monsieur ! Priver le PQ de leader durant deux longues années, soit la moitié du mandat de Philippe Couillard! Sans doute ignorait-il que la politique a horreur du vide.

Bon, heureusement, notre vaillante et lucide équipe a bousculé un peu son calendrier, mais pas suffisamment à mon goût. Rappelons les faits : battue aux élections du 7 avril 2014, Pauline Marois est rentrée sous sa tente le jour même. Or, un an plus tard, le PQ n’a toujours pas de chef. Incroyable, mais vrai! Les libéraux et leurs petits copains des médias, dont ceux de La Presse et de Radio-Canada particulièrement, se bidonnent. Dans leur for intérieur, ils adressent un gros gros merci à monsieur Archambault et Consorts. Par leur aveuglement angélique, ceux-ci confirment la boutade voulant qu’au pays du Québec, les péquistes soient les enfants de choeur et les libéraux, les enfants de chienne. Soit dit en passant, les libéraux le sont bien malgré eux, dans notre cas de figure. En effet, ils n’auraient même pas eu besoin de multiplier les coups tordus, comme ils savent si bien le faire, le PQ s’occupant lui-même de s’autotrucider.

On l’a tous compris, l’idée de la lucide et vaillante équipe du Parti québécois était de faire traîner les choses pendant une année ou deux, dans l’espoir de barrer la route à PKP. Le seul des candidats actuels capable de remettre sur ses rails le parti dont ils ont fait un « champ de ruines », pour citer le messager des mauvaises nouvelles, Jacques Parizeau, qui a été le premier à le creuser en abandonnant le navire au référendum de 1995. PKP, le seul candidat capable aussi de raviver la flamme de l’indépendance, en plus de rapprocher le PQ du pouvoir. Ça crève les yeux, libéraux, caquistes et fédéralistes de toute mouture se lèvent la nuit pour le haïr.

L’évidence est là : s’il veut faire mentir le prophète de malheur Parizeau qui le ravale à un parti fantôme, le PQ doit opposer aux Couillard et Legault un poids lourd qui a l’étoffe d’un chef et une feuille de route impressionnante. C’est le cas de Pierre Karl Péladeau, qu’on l’aime ou pas. Et non celui des poids plume comme Alexandre Cloutier ou Bernard Drainville qui possèdent certes d’immenses qualités, mais n’ont pas la stature pour se colleter à Couillard. Dans la présente et interminable course, le choix des militants péquistes se résume à ceci : élire comme chef un Drainville ou un Cloutier, c’est maintenir les libéraux en poste pour un autre mandat, peut-être même deux. Alors qu’avec PKP, plébiscité d’avance par la population, c’est se donner le maximum de chance de reconquérir le « divin pouvoir » avec tout ce qui vient avec, y compris l’indépendance.

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